Ensemble avec des femmes engagées – ensemble pour un monde meilleur

Rapport annuel 2019

Éditorial

Quand le monde se retrouve sens dessus dessous

Alors que l’année 2019 touchait à sa fin, une certaine joie régnait à Action de Carême : nous étions parvenu·e·s à équilibrer nos comptes grâce à de nombreux dons ainsi qu’à une maîtrise rigoureuse des coûts. Nous avions évalué avec soin notre stratégie arrivée à mi-parcours et accru l’efficacité de notre action dans les projets et programmes au Sud. Des actions politiques de grande envergure avaient fait avancer les causes des droits humains et de la responsabilité des entreprises, de la justice climatique et de la souveraineté alimentaire.

C’est alors qu’un virus est venu tout bouleverser, réduisant pratiquement à néant les mois d’efforts que notre équipe avait consacrés à la préparation de la Campagne oecuménique. Nous avons dû annuler des centaines de manifestations et notamment les conférences auxquelles nos hôtes du Sud devaient participer. Notre pays était soudain devenu trop dangereux aux yeux des habitant·e·s de l’autre hémisphère de la planète. Une réalité inédite sous nos latitudes.

En quelques jours, toutes les vérités de 2019 se sont volatilisées : le budget équilibré, les plans et autres stratégies. Tout semblait nul et non avenu.

Cependant, avec le recul, nous constatons que le travail effectué en 2019 nous est d’un grand secours aujourd’hui : pouvoir compter sur une stratégie avisée et une équipe consciencieuse, bien organisée, innovante et capable de faire preuve de souplesse permet de faire face à une crise comme celle du Covid-19. En effet, il ne nous a pas fallu plus de trois jours pour passer au télétravail. Une semaine plus tard, tous les coordinateurs et coordinatrices dans nos pays d’intervention étaient en possession d’informations pertinentes et, deux semaines après, nous avions mis en place un mode de collaboration par téléphone et par voie électronique avec toutes nos organisations partenaires.

Des paroisses, des donatrices et donateurs ainsi que de multiples autres contributeurs et contributrices font preuve de solidarité au beau milieu de cette crise. Vous êtes ainsi nombreuses et nombreux à vous demander comment faire pour éviter que les deux millions de bénéficiaires d’Action de Carême ne soient pas abandonné·e·s à leur sort.

Plus que jamais, je tiens à vous remercier pour votre précieux soutien et pour la fructueuse collaboration que nous avons mise en place.

Cordialement,
Bernd Nilles

Projets d’Action de Carême

Répartition générale 2019

Travaillant de concert avec ses organisations partenaires locales, Action de Carême vient en aide à des populations défavorisées dans les pays du Sud. La pauvreté revêt de nombreux visages et se manifeste à différents niveaux. Ses victimes sont souvent opprimées par des structures inéquitables et généralement exclues de la vie politique, culturelle, sociale et économique.

Loin de se réduire à une privation matérielle, la pauvreté s’explique par les formes les plus diverses d’inégalité des chances ou de traitement, qui aboutissent fréquemment à l’exclusion et à la discrimination. Dans 14 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, Action de Carême accompagne et encourage des personnes qui prennent leur destin en main. Nos 14 programmes pays et nos 3 programmes internationaux comptent plus de 620 000 bénéficiaires direct·e·s et 2,7 millions de bénéficiaires indirect·e·s qui ont pu améliorer leur situation matérielle et mieux défendre leurs droits. 

En Suisse, par l’entremise de ses programmes internationaux, Action de Carême exerce aussi des pressions sur le plan législatif, afin d’obtenir des progrès favorables aux populations du Sud. En 2019, nous nous sommes à nouveau investi·e·s en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables. En cours d’examen par le Parlement, cette initiative demande que des règles contraignantes s’appliquent aux entreprises ayant un siège en Suisse afin de garantir le respect des droits humains et environnementaux également à l’étranger. Pendant la semaine de mobilisation pour le climat en prélude aux élections fédérales, Action de Carême a compté parmi les principales organisatrices de la cérémonie en mémoire du glacier du Pizol, durant laquelle est notamment intervenue Khonemany Inoukham, coordinatrice d’Action de Carême au Laos. Elle y a expliqué les conséquences des changements climatiques dans son pays.

Avant la tenue du Synode sur l’Amazonie en octobre à Rome, Ernestina Macuxi et Luis Ventura, membres de notre organisation partenaire CIMI, ont séjourné en Suisse à notre invitation et décrit de manière saisissante la façon dont le gouvernement brésilien marginalise les communautés indigènes, les chasse de leurs terres et détruit leurs moyens de subsistance. Plusieurs représentant·e·s d’Action de Carême ont également assisté au synode.

L’étroite collaboration avec nos organisations partenaires dans les pays du Sud est à l’image des diverses alliances tant internationales que nationales que nous avons forgées. En 2019, sur le plan suisse, nous avons fondé la faîtière SuFoSEC (Alliance for Sustainable Food Systems and Empowered Communities) avec cinq autres organisations. Celle-ci a pour but d’assurer des moyens de subsistance durables, la souveraineté alimentaire ainsi que l’autonomisation de communautés locales dans le cadre de l’Agenda 2030. Dans ce domaine, nous collaborons aussi étroitement avec la DDC et le DFAE.

Amérique latine

Colombie

En Colombie, le taux de pauvreté était de 27 %. Le plan national de développement est un volet de la politique néolibérale menée par le gouvernement. L’application de l’accord de paix avec les FARC n’avance qu’à petits pas et d’anciens combattant·e·s ont déjà repris les armes.

En 2019, le chômage était en moyenne de 10,2 % ; pour les femmes (13 %) et les jeunes (18,1 %), il s’est accru par rapport à 2018.

La violence à l’égard des femmes a elle aussi augmenté, mais pas les condamnations pour ce genre d’actes : 80 % des agresseurs s’en sortent impunis.

L’an passé, 1495 hommes et 1757 femmes ont approfondi puis mis en pratique leurs connaissances en matière d’agriculture durable. Un total de 911 familles ont produit des aliments sains en suffisance et généré des excédents qui sont échangés ou vendus. Quelque 140 hectares sont désormais exploités dans le respect des principes de l’agroécologie et 41 groupes d’épargne fonctionnent de façon autonome. Aller au programme Colombie


Brésil

La première année du mandat de Jair Bolsonaro, aux pratiques clairement autoritaires, a appauvri le débat politique. Le gouvernement a privé la société civile d’une grande partie de ses mécanismes de participation et diffamé les organisations sociales critiques, jugées « antinationales ». Le Brésil est toujours l’un des pays au monde dans lequel la répartition des revenus est la plus inégale.

Obtenant 35 points sur 100 pour l’indice de perception de la corruption, le Brésil perd un rang et se retrouve à la 106e place.

En 2019, notre programme pays a collaboré directement avec 16 121 personnes (8867 femmes et 7254 hommes). Les activités de nos partenaires ont compté 4538 nouveaux bénéficiaires. Le renforcement institutionnel des communautés et la formation de leurs dirigeant·e·s sont deux des principaux axes du programme. Avec sa croisade contre les droits des pauvres et des minorités, le gouvernement de Bolsonaro a nettement freiné les progrès enregistrés dans le thème central du droit à l’alimentation. Le Synode sur l’Amazonie a montré que la foi et la spiritualité sont des ressources importantes pour la mise en œuvre du programme. Aller au programme Brésil


Guatemala

Le président Jimmy Morales a expulsé définitivement du pays la Comisión Internacional contra la Impunidad Guatemala (CICIG), qui avait obtenu quelques succès dans la lutte contre la corruption, manifestant clairement que l’élite du pays n’entend pas que des organisations internationales ou des organes des Nations Unies remettent en question des affaires illégales qui lui permettent de s’enrichir. La répartition des revenus et des richesses reste très inégale et 60 % environ de la population vivent toujours dans une situation de grande pauvreté.

Le changement climatique est de plus en plus perceptible : de fortes précipitations toujours plus fréquentes alternent avec de longues périodes de sécheresse. Dans son axe « Droit à l’alimentation », le programme Guatemala est venu en aide directement à 6381 femmes et 6703 hommes, ainsi qu’à 72 réseaux et 75 communautés. Ses bénéficiaires indirects comprennent 76 288 hommes et 73 296 femmes. Ayant diversifié leurs cultures, 1490 familles utilisent désormais des techniques agroécologiques, ce qui leur a permis d’augmenter leur récolte et de se procurer une alimentation plus variée. De la sorte, 1301 familles ont pu préparer au moins deux repas par jour avec leurs propres légumes.

En raison du changement climatique, l’irrigation des champs ne cesse de gagner en importance et 75 communautés supplémentaires ont pu améliorer leur accès à l’eau. Aller au programme Guatemala


Haïti

En 2018 déjà, des accusations de corruption et l’annonce de la hausse des prix des carburants avaient provoqué des manifestations. Désormais, il est prouvé que le président en poste, Jovenel Moïse, et d’autres membres du gouvernement ont été impliqués dans le détournement des fonds de Petrocaribe. En conséquence, Haïti a perdu six rangs en 2019 sur l’indice de perception de la corruption, tombant à la 168e place sur 180 pays.

La première moitié de 2019, les manifestations et les barricades ont gagné l’ensemble du pays, de sorte que de vastes régions ont été paralysées des jours ou des semaines durant. Pendant la seconde moitié de l’année, les barrages sont devenus monnaie courante, de sorte qu’il était impossible de circuler dans la capitale et dans une grande partie du pays. La plupart des écoles sont restées fermées, les transports publics ont été immobilisés et de vastes pans de la société n’ont pu vaquer à leurs occupations habituelles.

Les projets réalisés dans le domaine agricole ont gagné en importance du fait de la crise, car ils permettent à la population rurale de mieux subvenir à ses besoins alimentaires. Le programme a atteint ou dépassé la plupart de ses objectifs en matière d’accompagnement des groupes d’épargne. Le nombre de participant·e·s aux cours de formation à l’agroécologie a été inférieur aux prévisions. Aller au programme Haïti

Suisse

Action de Carême a étendu à la Suisse alémanique l’approche des « Conversations carbone » qu’elle avait déjà introduite en Suisse romande en collaboration avec Pain pour le prochain. Cette approche conçue en Angleterre aide les participant·e·s à adopter un mode de vie sobre en carbone et à réduire leur empreinte écologique. 

Asie

Inde

La liberté d’action politique de la société civile est bridée. En un an, la plus grande démocratie du monde a chuté de 10 rangs sur l’indice de démocratie de l’Economist Intelligence Unit pour se retrouver à la 51e place, en raison principalement des attaques subies par les droits civiques.

L’agroécologie de subsistance fondée sur des semences locales permet aux bénéficiaires du programme Inde d’améliorer très nettement leur sécurité et leur souveraineté alimentaire. Cette approche permet aussi de réduire les dommages provoqués par le changement climatique et de s’adapter à cette nouvelle réalité, perceptible en Inde aussi.

Nos 22 organisations partenaires comptent 5573 femmes et 6624 hommes de plus parmi leurs bénéficiaires. En 2019, 73 organisations de femmes et 49 organisations d’hommes ont été fondées, et 1992 familles supplémentaires ont eu accès à la terre (elles en ont pris possession, ont consolidé leur statut ou obtenu un titre de propriété). De plus, 4638 familles supplémentaires pratiquent l’agroécologie de subsistance. Tant le niveau de vie général que la sécurité et la souveraineté alimentaire des bénéficiaires se sont améliorés grâce aux activités de vulgarisation agricole, mais aussi à la légitimité accrue que la pratique de l’agriculture confère aux requêtes de titres de propriété


Népal

Le développement aussi rapide qu’inattendu du réseau routier rend certes les déplacements plus faciles, mais leur corollaire, la forte augmentation des destructions de sol et des glissements de terrain, a de quoi inquiéter, tout comme l’arrivée dans les villages les plus reculés de produits indésirables, comme de l’engrais chimique ou des aliments nuisibles à la santé. La conscience du grand public pour cette thématique s’est accrue en raison d’un conflit opposant le Népal à l’Inde sur les conséquences pour la santé de la contamination par des pesticides.

Le programme pays a atteint les objectifs de l’axe Droit à l’alimentation, comme le montrent les indicateurs. Un des projets en cours étant arrivé à son terme, le nombre de nouveaux jardins potagers est resté l’an dernier légèrement en deçà des prévisions, un résultat amplement compensé par la plantation de 30 000 arbres, soit 60 % de plus que prévu.


Laos

La politique des concessions, favorable surtout à la Chine et au Vietnam, comporte toute une série d’inconvénients pour la population rurale. En effet, les traitements intensifs aux pesticides appliqués sur les terrains loués aux entreprises polluent sols et rivières, la loi n’octroyant aucune protection aux ressources naturelles, aux forêts notamment. En outre, le changement climatique a fait des ravages l’an passé : sécheresses et inondations ont retardé ou empêché la mise en culture de potagers agroécologiques, ce qui a aggravé la malnutrition chronique dont souffrent surtout les enfants et les femmes.

En tout, les projets du programme ont atteint 24 413 personnes, les femmes étant légèrement plus nombreuses que les hommes, alors qu’elles ne représentaient encore que 36 % des bénéficiaires l’année précédente.

Le réchauffement climatique a aussi provoqué de nombreuses épizooties, qui ont décimé le bétail. La population a heureusement pris davantage conscience de l’importance de préserver les ressources forestières : 74 plans de gestion des ressources naturelles (forêts, zones de pisciculture, etc.) ont ainsi été mis en œuvre, dont 31 sont nouveaux. Les statistiques indiquent une augmentation de l’engagement collectif et de la participation. 


Philippines

Depuis le début de nos activités aux Philippines, quelque 14 200 personnes bénéficient d’un accès garanti aux ressources naturelles. Environ 1243 hectares de terres sont aujourd’hui cultivés selon les principes de l’agriculture agroécologique et résiliente au climat, ce qui a nettement amélioré la qualité des sols. En outre, près de 130 hectares de zones côtières et maritimes sont désormais exploités de manière durable et près de 800 familles ont accru leurs revenus en transformant et en vendant des produits agricoles.

Afrique

Burkina Faso

L’extraction d’or reste un secteur très important de l’économie du Burkina Faso. Ainsi, nos partenaires établis à proximité des mines constatent un véritable exode des jeunes, qui abandonnent l’agriculture pour les mines. Dans ce contexte, leurs projets poursuivent deux axes : l’agroécologie et la sécurité alimentaire d’une part, la sensibilisation à la problématique de l’or, d’autre part.

Fin 2019, le pays comptait 600 000 réfugiés, dont la moitié de femmes, l’exode interne étant l’une des crises qui prennent les proportions les plus alarmantes.

En ce qui concerne l’agroécologie, 66 % des participant·e·s aux formations appliquent avec succès les techniques qu’ils ont apprises. D’autres cours ont procuré des sources de revenus supplémentaires à 2677 ménages, dont 2598 femmes, qui produisent et vendent désormais des savons et du beurre de karité, notamment. Ces personnes voient ainsi leurs revenus augmenter, ce qui leur permet d’avoir accès à des aliments même pendant la soudure.

Le succès des groupes de solidarité va lui aussi croissant : fin 2019, approximativement 3300 personnes, dont 93 % de femmes, étaient membres d’une calebasse. Ces groupes ont épargné 9093 francs et octroyé des prêts sans intérêt pour une valeur de 362 francs. 


Kenya

Tous les voyants sont au rouge pour le Kenya : selon Oxfam, moins de 0,1 % de la population possède davantage que le 99,9 % restant ; le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité des revenus, est de 40,8 (0 représentant l’égalité parfaite et 100 l’inégalité totale) ; le pays régresse pour la troisième année consécutive sur l’indice de la faim dans le monde (25,2 en 2019) et sur l’indice du développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (147e rang sur 189 États analysés, contre 130e rang en 2018).

Dans ce contexte, le programme Kenya a apporté une aide directe à plus de 11 050 personnes (6394 femmes et 4656 hommes). Des 189 groupes de solidarité, 92 % se réunissent régulièrement et obtiennent de bons résultats : 76 d’entre eux ont commencé à utiliser l’argent épargné pour couvrir les besoins de base et octroyer des prêts en cas d’urgence, 65 mettent de côté de l’argent et 11 des aliments, qu’ils remettent à leurs membres en cas de disette ou vendent pour alimenter la caisse de solidarité. Enfin, 14 groupes ont déjà commencé à octroyer des crédits.


Madagascar

Sur l’indice de la faim dans le monde, Madagascar se situe à 41,5 points, et retrouve ainsi pratiquement son niveau de 2000 (43,2), alors qu’il était parvenu à descendre à 36,2 points dans l’intervalle. Il figure ainsi au 114e rang sur 117 pays ; seuls le Yémen, la République centrafricaine et le Tchad souffrent davantage de la faim.

Les conséquences du changement climatique se font de plus en plus sentir : il a plu peu et trop tard sur la côte ouest, tandis que la côte est était ravagée par des inondations.

Les sept organisations qui appliquent l’approche des groupes d’épargne dénommée « Tsinjo Aina » accompagnaient fin 2019 10 407 groupes comptant 160 189 membres, dont 52 % de femmes. À la fin de l’an passé, 77 233 membres s’étaient affranchis de leurs dettes.

Le nombre de réseaux a augmenté de 156, pour s’établir à 3148, dont 2620 se sont investis dans les domaines du droit foncier, de l’eau, de l’agriculture ou de la protection de l’environnement, en collaboration avec la commune pour 1552 d’entre eux. Les bénéficiaires apprécient au plus haut point les axes Agroécologie et Alimentation, qui revitalisent les réseaux de façon perceptible.


République démocratique du Congo

Un nouveau président en la personne de Félix Tshisekedi dirige le Congo depuis janvier 2019. Les Églises ont joué un rôle important durant les élections. Si des irrégularités ont certes été constatées lors du scrutin et du dépouillement, ces élections se sont cependant soldées par un recul de la violence et par un faible nombre de victimes mortelles. Néanmoins, il a fallu attendre le mois d’août pour que les ministres soient élus à leur poste.

Les exportations de matières premières ont repris de plus belle.

Les projets de nos partenaires ont contribué à améliorer la quantité et la qualité des aliments, et le nombre de personnes contraintes à se nourrir de feuilles ou de racines durant la soudure a diminué.

En outre, 3726 hommes et 3898 femmes membres de groupes de solidarité ont pu non seulement construire des étangs de pisciculture, mais aussi diversifier et augmenter leur production d’aliments, tels que des légumes de toutes sortes. Depuis fin 2019, six de nos partenaires disposent de leur propre centre de production de semences, tandis que les fonds de solidarité créés dans près de 450 groupes ont permis à 2845 hommes et 3711 femmes de subvenir eux-mêmes à leurs frais de santé ou d’écolage même pendant la soudure. 


Sénégal

Comme prévu, le président Macky Sall a été réélu en février. Les élections n’ont pas été dénuées de controverse, notamment parce que des accusations de corruption ont empêché l’opposition de se présenter. La situation n’a toutefois pas dégénéré.

Dans la plupart des régions du pays, les pluies ont été très peu abondantes, de sorte que les récoltes sont mauvaises et que les pâturages du Sahel sont restés maigres. Pour ces raisons, la période de soudure sera probablement longue en 2020.

L’approche des calebasses vole de succès en succès et les montants épargnés explosent littéralement. Ainsi, l’avoir de toutes les calebasses s’est accru une nouvelle fois de plus de 40 %, passant de 290 000 000 à 410 000 000 FCFA (664 500 francs). Cet essor réjouissant a toutefois l’inconvénient de susciter des envies dans différents milieux (politique, banques et mosquées, notamment). Les activités de coordination et la fondation du réseau national des calebasses ont pour objectif de fortifier chaque caisse et de les prémunir des influences de tiers. Les calebasses transforment le rôle des femmes : de nouvelles perspectives économiques et socioculturelles s’ouvrent à elles et leur statut dans la société est mieux reconnu.

Le programme Sénégal collabore désormais avec divers organes politiques et publics. À l’échelon national, il s’agit notamment du ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire. De plus, nos partenaires sont intervenus avec succès auprès des autorités afin qu’elles dotent 23 villages de nouveaux services, comme des écoles, des assurances-maladie, des routes, des marchés permanents ainsi que l’électricité et l’eau potable.


Afrique du Sud

Aux élections de mai, dont le déroulement a été pacifique, le parti au pouvoir, l’ANC (African National Congress), a obtenu le plus mauvais score de son histoire (57,5 % des voix), signe évident que la population lui fait de moins en moins confiance.

Le projet de loi sur les expropriations sans compensation, pour lequel une modification de la Constitution est nécessaire, affecte surtout les Blancs, qui s’y opposent. En revanche, il reçoit le soutien d’organisations de la société civile, y compris de quelques partenaires d’Action de Carême.

Selon le Fonds monétaire international, 20 % de la population disposent de plus de 68 % du revenu national. La pauvreté, le chômage et les inégalités sont fonction de l’origine et du sexe. Le chômage, qui atteint 42 %, touche en premier lieu les jeunes et les femmes noirs.

En raison de la grave pénurie d’eau, seulement 2990 des 4190 jardins potagers domestiques et communautaires ont pu être mis en culture. Cependant, le nombre de jardinier·ère·s et de petites fermes qui appliquent des méthodes agroécologiques et résilientes au climat a fortement augmenté, passant de 4100 à 7400 (4580 femmes et 2820 hommes). Il existe désormais près de 90 groupes qui conservent leurs propres semences pour la prochaine campagne agricole.

Quatre de nos partenaires ont accompagné 120 procédures judiciaires pour défendre le droit à la terre, aux pâturages et au logement ; ils ont obtenu gain de cause dans 24 affaires.


Moments forts de 2019

La campagne œcuménique « Ensemble avec des femmes engagées – ensemble pour un monde meilleur », parfaitement en ligne elle aussi avec notre devise pluriannuelle « Prenons part au changement », a permis de donner un visage à 50 actrices du changement et de mettre en avant l’action et le courage des femmes qui collaborent avec Action de Carême et Pain pour le prochain.

À l’occasion du 50e anniversaire de la campagne œcuménique célébré à Berne et à Lucerne lors de manifestations publiques, nous avons distillé le message suivant : voilà cinq décennies que la campagne éveille les consciences, suscite le changement et promeut la solidarité tout en jouant un rôle majeur dans la vie et l’action ecclésiale sous la devise « L’Église tire sa force des époques durant lesquelles elle a eu le courage de nager à contre-courant. » La campagne œcuménique a touché plus de 2 millions de personnes en Suisse. 

En 2019, des millions d’élèves se sont joints à la lutte mondiale contre le changement climatique, faisant de cette question cruciale pour l’avenir de l’humanité une préoccupation du quotidien pour chacun et chacune d’entre nous, toutes tranches d’âge et conditions sociales confondues. Parallèlement, Action de Carême et Pain pour le prochain ont considérablement investi dans les conversations carbone, qui ont reçu un accueil favorable dans toute la Suisse. Ces animations visent à accompagner concrètement les habitants et habitantes vers un mode de vie sobre en carbone. Nous nous félicitons de la collaboration que nous avons nouée avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) ainsi que différents cantons, communes et Églises à cet égard. L’élection de l’un de nos employé·e·s à la fonction de coprésident de l’Alliance climatique suisse témoigne également de notre engagement en faveur de la justice climatique. 

Constatant par ailleurs qu’il convient d’accroître la visibilité de l’aide au développement et de nos actions, nous avons saisi l’occasion qui nous a été offerte lors de mise en consultation par la Confédération du nouveau message sur la coopération au développement : aux côtés d’Alliance Sud, dont la présidence est assumée par Action de Carême depuis le mois de décembre, nous avons réalisé des actions de relations publiques, de mobilisation et de plaidoyer. Citons notamment nos revendications concernant l’adoption d’un programme prioritaire de lutte contre la pauvreté, l’allocation de 0,7 % du produit national brut à l’aide au développement et un juste financement de la lutte contre le changement climatique, ne pénalisant pas les plus démunis.

Un prix pour les semences paysannes

L’organisation philippine Agro-Eco a reçu le premier prix international d’agroécologie. Le travail de ce partenaire qu’Action de Carême soutient depuis sa fondation est l’un des 15 projets porteurs retenus par le jury international d’experts du World Future Council parmi toutes les candidatures en provenance d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Le directeur d’Agro-Eco Philippines, Geonathan Barro, se félicite de cette distinction : « Nous dédions ce prix aux paysannes et aux paysans qui sont la base d’Agro-Eco. En dépit de circonstances politiques et économiques adverses, ils ont partagé avec leurs pairs leur temps, leurs connaissances et, non moins important, leurs semences. »

Jour du dépassement en Suisse

À cette date, les habitant·e·s de la Suisse ont déjà utilisé l’ensemble des ressources que la nature met à leur disposition pour toute l’année 2019. De la sorte, à partir du 8 mai, nous vivons à crédit et hypothéquons l’avenir de nos descendant·e·s. L’empreinte écologique de notre pays est considérable. Les suisses et les suissesses prennent trois fois plus l’avion que la moyenne des ressortissant·e·s de l’Union européenne, roulent dans les voitures les plus lourdes du continent et comptent parmi les premiers producteurs de déchets au monde. En moyenne, nous émettons par personne et par jour une quantité de CO2 équivalant au volume de 600 sacs poubelle de 35 litres, alors que notre budget journalier individuel calculé pour une société verte et durable n’est que de 30 sacs, soit 20 fois moins que nos émissions actuelles.

La solidarité paie

Spécialiste réputé de la microfinance, Phil Mader de l’Université du Sussex a analysé l’impact des groupes de solidarité initiés par Action de Carême à Madagascar et au Sénégal. En collaboration avec des équipes locales et sa propre équipe, Phil Mader a interrogé 200 membres et 50 non-membres dans chaque pays, soit 500 personnes au total. Ensemble, ils ont en outre mené des débats avec des groupes de discussion, des groupes de solidarité et des collaboratrices et collaborateurs des organisations partenaires. Cette étude a confirmé que l’approche mise en pratique depuis 20 ans par Action de Carême apporte un soutien à la population la plus démunie. Pour les membres, le progrès le plus important réside dans l’amélioration de leurs conditions économiques et de la cohésion sociale.

Un barrage illégal en Colombie

En 2014, Tierra Digna, organisation partenaire d’Action de Carême en Colombie, a déposé une plainte contre l’Autorité nationale de permis environnementaux et le ministère de l’Environnement suite à la construction du barrage El Quimbo. Ce projet hydroélectrique, qui s’étend sur 8000 hectares appartenant à cinq communes, a entraîné le déplacement de plus de 300 familles, inondé plus de 2000 hectares de terres arables et occasionné des dommages irréparables à la flore et à la faune de la région. Le gouvernement colombien avait donné le feu vert pour la construction en dépit d’une forte opposition sociale. Lors d’une audience, de nouvelles informations ont mené le tribunal à corroborer les irrégularités et les ravages dénoncés par Tierra Digna. Le procès de l’affaire El Quimbo créera un précédent pour de nombreuses autres procédures semblables et aura un impact sur de nombreux projets d’Action de Carême en Colombie.

Climat : les églises sonnent le tocsin

Le 28 septembre, 100 000 personnes ont manifesté dans les rues de Suisse en faveur d’une politique climatique cohérente, efficace et équitable. Elles répondaient ainsi à l’appel des organisations membres de l’Alliance climatique – parmi lesquelles figure Action de Carême – qui exigent la sortie du charbon, du pétrole et du gaz, une demande applicable également aux investissements de la place financière suisse. Les manifestant·e·s ont aussi réclamé une justice climatique afin de garantir des conditions d’existence dignes à toutes et tous. De nombreuses églises ont fait sonner leurs cloches à 14h30 dans tout le pays rappelant ainsi bruyamment l’urgence climatique. En outre, les horloges ont été arrêtées à midi moins cinq sur de nombreux clochers. Plus de 150 paroisses de toute la Suisse ont participé à cette action. La manifestation pour le climat à Berne a constitué le point d’orgue de la « Semaine mondiale pour l’avenir » durant laquelle des actions ont eu lieu aux quatre coins du globe.

Petit projet, grand impact

Dans la région du Sahel, la savane sèche offre des zones de pâture saisonnières aux éleveurs et éleveuses, mais également des champs à proximité des points d’eau aux cultivatrices et cultivateurs, ce qui génère souvent des conflits entre les deux groupes. Cela n’a toutefois pas découragé notre organisation partenaire A2N, implantée à Dori. Elle a fait asseoir les parties en présence à la même table et déployé des trésors de patience et de persévérance pour définir des zones de pâture dans une démarche participative. Cependant, pour résoudre durablement les conflits, de gros investissements sont nécessaires. Aussi Action de Carême a-t-elle aidé A2N à inviter à une table ronde des bailleurs de fonds internationaux ainsi que le gouvernement, afin de leur présenter une zone comportant un potentiel d’investissement élevé. Conquis par l’idée, les organes de financement ont promis une aide à hauteur d’un million de francs.

Nombre de projets par ODD

Il y a déjà cinq ans, en 2015, la communauté internationale adoptait l’Agenda 2030, qui s’articule autour des 17 « Objectifs de développement durable » (ODD) et de leurs 169 cibles. Cette initiative a pour vocation de favoriser le bien-être des personnes et la préservation de l’environnement.

Lorsqu’il s’agit d’appliquer les ODD, Action de Carême opère une distinction entre le Nord et le Sud. Au Nord, la transformation passe par une modification de nos modèles de consommation, de mobilité et d’action politique, qui nous permet d’exercer une influence sur le climat et les structures commerciales, améliorant ainsi les perspectives des populations bénéficiaires. Au Sud, la transformation a pour but de garantir des conditions de vie dignes aux personnes pauvres, exclues et laissées pour compte. Appliquant l’approche fondée sur les droits humains, nos partenaires travaillent en réseau, renforcent les organisations et communautés locales et aident les personnes à faire valoir leurs droits 

En troisième et dernier lieu, la transformation des structures de gouvernance mondiale vise à empêcher l’impunité des atteintes aux droits humains commises par les multinationales, ce qui peut entraîner la modification de la législation en Suisse et en Europe. Le but est de promouvoir des modèles économiques durables et d’asseoir les échanges internationaux sur des bases éthiques.

Quatre exemples de projets en lien avec les objectifs de développement durable les plus fréquemment pris en compte.


Dans le diocèse d’Idiofa, au cœur de la République démocratique du Congo, divers mouvements féminins et groupements paysans se sont unis pour créer le Centre de Développement Rural (CDR). Ce centre forme des animateurs·trices à l’accompagnement des organisations villageoises de base, afin que celles-ci puissent, grâce à des actions collectives, améliorer par elles-mêmes leurs moyens de subsistance. Ces actions visent essentiellement à mettre en culture des champs communautaires, qui permettent aux familles de constituer des réserves de semences et d’aliments. Le programme Congo s’emploie aussi à l’amélioration des semences ainsi qu’à la valorisation du petit élevage et de la pisciculture. Par ailleurs, des caisses d’épargne collective viennent en aide aux familles membres qui doivent soigner un malade, résoudre un problème social ou scolariser leurs enfants.


L’Asociación Maya para el Buen Vivir Komon Ajq’ijab’ fonde son action sur les valeurs de la culture maya. Dans les sociétés mayas traditionnelles, les Ajq’ijab‘ sont des autorités qui guident et dirigent la vie de la société dans toutes ses facettes culturelles et spirituelles. Notre partenaire organise des ateliers pour que les participant·e·s prennent conscience de leurs droits et savent à qui s’adresser et de quelle façon pour les faire valoir. Son but est de mobiliser les forces vives des communautés et de les doter de moyens qui leur permettent de s’opposer aux monocultures à grande échelle, comme les plantations de palmiers à huile, qui menacent leurs moyens de subsistance. En s’auto-organisant sous la férule de l’Ajq’ijab’, les membres des communautés découvrent des moyens d’action auxquels ils n’avaient jusqu’à présent pas fait appel. Ils apprennent la législation en vigueur et les mécanismes qui leur permettent d’en exiger l’application. 


Dans l’agriculture paysanne, la production d’aliments est impossible sans un accès équitable et illimité aux semences. Face à cette évidence, le réseau philippin SEARICE se mobilise pour que les semences soient à nouveau considérées comme un bien public. À cette fin, ce réseau défend les intérêts des petit·e·s paysan·ne·s auprès de diverses commissions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et des gouvernements de divers pays en Asie et ailleurs. SEARICE travaille en étroite collaboration avec des organisations paysannes et indigènes de six pays de l’Asie du Sud-Est, dont les Philippines, le Laos, le Cambodge et le Vietnam.


Au Népal, plus de deux millions de femmes souffrent de prolapsus de l’utérus, un problème de santé qui s’explique en premier lieu par la discrimination dont est victime la femme dans la société népalaise. Ce constat est le point de départ de l’action de l’organisation WRRP (Women’s Reproductive Rights Programme), dont les activités de base sont axées sur la sensibilisation des femmes et des hommes aux causes et conséquences du prolapsus de l’utérus. Pour que ce travail de prévention soit efficace, il faut aussi expliquer à la nouvelle génération les façons d’éviter ce problème de santé. Pour WRRP, le thème « Apprendre avec les employées des ONG locales » représente une stratégie essentielle pour améliorer les connaissances de la population locale concernant la santé des femmes. Cette démarche d’apprentissage collectif sert de fondement aux activités de plaidoyer politique menées à l’échelle communale, provinciale et nationale. Notre partenaire entretient également des contacts avec des organisations partageant la même approche à l’échelon international. 


Un aperçu de l’existence de Nombasa Mfenge

L’histoire d’une coopérative familiale

Exisekweni, Afrique du Sud

Avant leur retour à la terre, Nombasa Mfenge et son mari Mfanelo vivaient au Cap avec leurs quatre enfants. Leurs deux fils aînés ne sont pas parvenus à trouver un travail au terme de leurs études et le ménage n’avait pas d’argent pour leur payer une formation complémentaire. Nombasa a donc convaincu sa famille de retourner à la campagne.

Nombasa s'est établie, avec sa famille, sur un terrain que son beau-père leur avait laissé en héritage dans la province du Cap-Oriental, la plus pauvre du pays. « À la campagne, nous pouvons produire notre propre nourriture. De plus, les jeunes peuvent donner un coup de main, ce qui les occupe. » La mère de famille avait donc plus d’un argument pour retourner à la terre. Ensemble, les membres de la famille ont fondé puis fait enregistrer une coopérative, ce qui leur a aussi permis de formaliser la propriété de leur terre. Le mari de Nombasa a retourné tout le jardin : « La bêche, ce n’est pas ma spécialité », lâche-t-elle, « et il le fait si bien ! »

Nombasa Mfenge est membre du réseau de paysannes Rural Women Assembly pour de bonnes raisons:

Le réseau lance aussi des initiatives pratiques basées sur l’entraide et l’échange de semences. Il a étendu ses activités à neuf pays d’Afrique australe.

La famille de Nombasa ne cultive que des légumes provenant de ses propres semences : des courges, des choux, des tomates – dont elle a tiré les graines d’anciens plants trouvés dans le potager –, mais aussi des melons et des carottes. Elle se livre à des expériences et écoule ses excédents. La saison dernière, elle a ainsi pu vendre un camion entier de melons à un marchand.

Nombasa Mfenge a fait le choix de quitter les grandes villes pour s’installer, avec sa famille, dans une contrée rurale qui ploie sous le joug de la pauvreté. Un pari qu’elle est en train de réussir : en sélectionnant ses propres semences capables de résister aux changements climatiques et aux aléas qui en sont le corollaire, elle s'est forgée son propre destin.

«Je suis membre de Rural Women Assembly, parce que je vois que nous les femmes, nous pouvons réclamer ensemble nos droits et avoir ainsi accès à la terre. Nous nous soutenons et nous entraidons. Nous gérons des banques de graines, produisons nos propres semences car, de cette façon, nous améliorons notre situation. Nous défendons nos droits et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour éradiquer la pauvreté.»
Nombasa Mfenge

Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir


La fondation Action de Carême poursuit les objectifs suivants:

  • Apporter son soutien au travail de l’Église et aux projets des organisations de coopération
    au développement dans le monde entier en faveur des personnes défavorisées sur le plan économique et social, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine (coopération pastorale et coopération au développement)
  • Dégager des ressources afin de soutenir des projets pastoraux de l’Église en Suisse (Secteur Suisse) en collaboration avec la Conférence des évêques et les organisations ecclésiales
  • Prendre part au débat sur la politique de développement et participer à la prise de décisions dans ce domaine
  • Encourager la solidarité de la population suisse avec le reste du monde par un travail œcuménique d’information et de sensibilisation
  • Contribuer, par des idées d’activités et du matériel didactique, à l’animation du carême

Impressum

Éditeur: Action de Carême, Lausanne
Rédaction: Colette Kalt
Graphisme: Skiss, GmbH, Emmenbrücke
Photo de couverture: Patricio Frei
Photos: Reto Steffen, Jesús Abdad Colorado López, Benno Steffen
Réalisation en ligne: Reto Steffen